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La retraite du Tsar : Nicolas Lombaerts raccroche

Ce n’est pas vraiment une annonce officielle, mais c’est tout comme : Nicolas Lombaerts boucle son contrat de 3 ans à Ostende. Et à 35 ans, le plus Russe de footeux belges va refermer son parcours professionnel. Avec un arrière-goût doux-amer.

Depuis plusieurs mois, Nicolas Lombaerts avait disparu des radars de l’E40 et des éoliennes de la Côte : engagé à prix d’or en 2017 par Marc Coucke… quelques mois avant que l’ex-pharmacien devenu milliardaire s’entiche de Saint-Guidon, l’ex-Diable Rouge n’a pas gratté la moindre minute de jeu lors de cette saison écourtée…

Nanti d’un contrat plantureux et d’un salaire annuel à 6 chiffres, le Gantois d’Ostende avait été mis sur une voie de garage dès le début de saison : Lombaerts n’a jamais accepté de renégocier ses émoluments à la baisse comme le demandait sa direction actuelle, paupérisée par le départ de Coucke. La politique des gros contrats (Proto, Musona, Canesin, Berrier, etc) pratiquée par ce dernier aura eu raison du club côtier, aujourd’hui au bord de la faillite.

 » Je raccroche avec un goût de frustration  » confie Nicolas Lombaerts au Laatste Nieuws.  » Malgré les critiques de mes dirigeants, je suis toujours resté positif. On m’a relégué dans le noyau B : je n’ai plus eu de contacts avec des joueurs du noyau A, mais j’ai construit un lien fort avec les jeunes. J’ai essayé de leur transmettre chaque jour mon expérience. Et sans ce confinement, j’aurais d’ailleurs invité tout le groupe au resto en remerciement pour ces bons moments. Mais il y a des choses plus graves dans la vie. Ce club va peut-être disparaître, je me mets à la place des employés… Moi, ma carrière est derrière moi… Il y a aussi cette crise du coronavirus : un de mes meilleurs amis a été l’un des premiers admis en soins intensifs à l’Hôpital de Bruges. Quand vous voyez ça, vous avec juste le droit de vous taire et ne pas vous plaindre… « 

Projet percé

Lombaerts était arrivé au KVO durant l’été 2017 et devait être la figure de proue du projet local, à l’époque engagé en Europe avec ce mémorable duel contre l’Olympique de Marseille. En deux saisons, il aura presté 59 matches sous le maillot ostendais (1 but, 2 assists, 10 cartons jaunes, 1 rouge). Avant cette saison noire.

 » On ne peut pas refaire l’histoire. Avec le recul, oui, j’ai le sentiment, et je ne suis pas le seul, que Marc Coucke nous a bien trompés. À l’époque, il criait sur tous les toits son amour éternel pour Ostende et aujourd’hui le club coule à cause de ses choix. Les gens ont plusieurs visages : que doivent penser Luc Devroe et Pär Zetterberg aujourd’hui ? Je ne suis pas rancunier, j’ai juste la chance que tout cela m’arrive en fin de carrière. Ces derniers mois, je le reconnais, je n’étais plus aussi appliqué puisque je savais que, de toute façon, je ne jouerais pas le dimanche. Donc oui, je me suis autorisé quelques sorties le week-end et j’ouvrais régulièrement une bouteille de vin à la maison. Je suis devenu un gars social !  » (rires)

Cinquième roue

Nanti d’une carte de visite à 39 caps chez les Diables et 50 matches de Champions League, Nicolas Lombaerts avoue que dans ses pires cauchemars, il n’avait pas envisagé une telle sortie en mode mineur. Chez les Diables non plus, ce ne fut pas toujours Byzance. Éternel 5e roue de la charrette défensive AlderweireldKompanyVermaelenVertonghen, Lombaerts n’avait pas la meilleure relation avec Marc Wilmots.

 » J’ai participé à une Coupe du Monde, j’ai joué avec les meilleurs joueurs du monde, tout le monde ne peut pas en dire autant. J’ai été jugé trop court avant l’Euro 2016 et on m’a renvoyé à la maison : pourtant, j’aurais été rétabli à temps… mais Wilmots ne m’a pas donné le temps qu’il a donné à Kompany deux ans plus tard au Mondial russe. Les blessures m’ont souvent trahi dans les moments importants : j’ai raté les Jeux Olympiques de Pékin et la finale de la Coupe UEFA… « 

25 briques en caisse

Recruté pour 4,5 millions d’euros par le Zenit St-Pétersbourg à La Gantoise en 2007, Lombaerts avait séduit Dick Advocaat, coach au Zenit, lors de l’Euro Espoirs avec les Diablotins de De Sart, dont il dirigeait la défense avec Thomas Vermaelen. En 10 saisons à l’ombre de l’Ermitage, Lombaerts est devenu le chouchou des supporters russes, portant près de 300 fois le maillot local. Y enlevant 4 titres nationaux et la Coupe d’l’UEFA… et y garnissant bien son portefeuille : sur le site derijkstebelgen.be ( » les Belges les plus riches « ), Lombaerts était en 2015 classé 606e avec une fortune évaluée… à 24,587 millions d’euros ! Retraité, il ne va pour autant rester les bras croisés.

 » J’ai envie de me laisser vivre et de faire les choses par envie. J’ai plusieurs projets, j’ai aussi des investissements à surveiller. J’ai entamé les cours d’entraîneur, avec Lukaku, Simons, Mignolet, Praet et Tielemans. Des cours à distance, via ZOOM. Oui, on a commencé les premiers… (Il sourit) De là à dire que je deviendrai coach ? Je ne sais pas, je verrai bien le moment venu si j’en ai envie… « 

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