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Le coronavirus a été «sous-estimé» par les responsables politiques, admet la présidente de la Commission européenne

La présidente de la Commission européenne a admis, dans une interview publiée mercredi par le quotidien allemand Bild, que les responsables politiques avaient tous « sous-estimé » l’ampleur du danger représenté par l’épidémie du nouveau coronavirus.

« Je pense que nous tous, qui ne sommes pas experts, avons sous-estimé au départ le coronavirus », a déclaré Ursula von der Leyen au journal.

« Mais entre-temps il devenu clair qu’il s’agit d’un virus qui va nous occuper encore longtemps », a ajouté la présidente de l’exécutif européen.

« Nous avons compris que toutes ces mesures, qui il y a encore deux ou trois semaines paraissaient drastiques et draconiennes, devaient être prises à présent », a estimé Mme von der Leyen, en rappelant que l’Europe était « en ce moment l’épicentre de la crise ».

Elle a néanmoins réfuté le terme de « guerre » contre le virus employé cette semaine par le président français Emmanuel Macron.

« Personnellement, je n’utiliserais pas le terme de guerre mais je comprends la motivation du président français car le coronavirus est un adversaire inquiétant », a dit la présidente de la Commission.

Un réel sens de solidarité

Le président du Parlement européen David Sassoli juge que l’Europe fait «enfin preuve d’un réel sens de la solidarité», après la validation mardi soir par les États membres d’une série de propositions de la Commission, dont l’interdiction pour 30 jours de l’entrée des personnes pour les voyages non essentiels vers l’UE.

«L’Europe contrebalance l’égoïsme et le manque de coordination entre les gouvernements nationaux face à la crise du Covid-19», affirme l’Italien dans un communiqué depuis son domicile bruxellois où il est confiné.

«Enfin, nous faisons preuve d’un réel sens de la solidarité: des corridors préférentiels pour le passage des équipements médicaux, la défense de la libre circulation des biens dans l’UE et le premier soutien économique important pour les familles et les entreprises», énumère-t-il.

Il y voit la preuve d’une Europe «unie, déterminée et prête à agir, et enfin au front pour lutter contre cet extraordinaire défi».

Les Européens ont décidé mardi de fermer pour 30 jours les frontières extérieures de l’Union, à certaines exceptions près (ressortissants européens et leur famille, résidents de longue date, diplomates, personnel soignant, chercheurs, transfrontaliers, Britanniques, etc.). Le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, ne s’est pas rallié à cette fermeture des frontières extérieures, pas plus que l’Irlande.

Les Etats membres ont aussi approuvé les recommandations de la Commission concernant des mesures aux frontières intérieures, notamment celle de créer une voie prioritaire pour les camions afin d’éviter les embouteillages. Les dirigeants ont également abordé la question des mesures économiques à prendre face à la pandémie, mais sans apporter de réponse décisive pour l’instant.

Lundi soir, les 27 ministres des Finances de l’UE ont promis de «faire tout le nécessaire» pour répondre aux difficultés économiques engendrées par la crise, mais sans recourir pour le moment au fonds de sauvetage de la zone euro (MES).

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