Aller à la barre d’outils

Les Belges ont du coeur face à la crise: ces élans de solidarité qui font du bien

Toute la Belgique se mobilise pour faire face au Coronavirus

Trois frères de Seraing collectent du gel désinfectant pour le Bois de l’Abbaye
Comme dans bon nombre de foyers, le coronavirus et les inquiétudes qu’il génère se sont invités à la table du petit-déjeuner de cette famille sérésienne…

 » Nous suivons les infos et nous étions interpellés par le manque de matériel et produits en milieux hospitaliers. Des connaissances proches nous l’ont confirmé. Alors quitte à ne rien faire en raison du confinement autant le faire de manière utile « , souligne Faustin Canei, 22 ans, l’aîné de la fratrie. C’est ainsi qu’a émergé l’idée d’organiser une collecte de gel hydroalcoolique au profit de l’hôpital au sein duquel ils sont nés, soit le Bois de l’Abbaye à Seraing. Comment ? En invitant la population à déposer du gel désinfectant à la permanence qu’ils assurent, tout en se relayant et avec un dispositif favorisant la distanciation sociale, place du Souvenir à Seraing.  » Des gens ont fait des réserves avant qu’on n’en trouve plus. Vu qu’ils sont confinés, du savon et de l’eau chaude suffisent à domicile. Alors oui, cela représente une dépense pour eux mais, en cette situation de crise, c’est le moment d’être solidaires et de se serrer les coudes « , poursuit Faustin. Alors si vous disposez de gel désinfectant, rendez visite (à distance…) à Faustin, Cyprien et Félix chaque après-midi de 12 h à 17 h. Un ramassage à domicile est possible en cas d’incapacité à se déplacer. Infos: 0499/25 72 98.

À Kin, les plus jeunes aident les seniors à mieux gérer le confinement…

C’est dans les situations critiques que la (vraie) nature des gens se dévoile, dit-on souvent… À Aywaille, dans le village de Kin, il semble que cette nature soit positive… Du moins si l’on se réfère à cette initiative solidaire qui a germé ces derniers jours dans l’esprit de plusieurs villageois, membres de l’association Kin-Stoqueu en Transition. Héléna, Bernard, Laurence et d’autres membres ont en effet voulu pousser plus loin le concept mis en place au sein de leur association : la solidarité. « L’objectif de notre association est, au travers de projets, de favoriser l’entraide et la convivialité entre les générations », nous explique Héléna, à l’initiative du mouvement. « Avec ce confinement, nous avons donc perçu la possibilité de venir en aide aux personnes âgées du village. » On le sait, ce sont aujourd’hui les seniors qui sont les plus fragiles face au coronavirus Covid-19. Même si certaines mesures sont prises pour « faciliter » leurs déplacements (comme les horaires qui leur sont réservés dans les supermarchés), chaque sortie peut se révéler préjudiciable, fâcheuse… ou pire. En outre, le confinement peut aussi être particulièrement pesant pour des personnes qui vivent seules, déjà « socialement confinées ». « Nous proposons donc trois aides concrètes : faire les courses pour les seniors qui le souhaitent ; rappeler qu’un point ferme existe avec un dépôt dans le village, ce qui permet de faire ses courses en ligne et d’être livré chez soi ; et enfin être à l’écoute. » Pour le point ferme, une aide technique serait aussi proposée, chacun ne maîtrisant pas Internet. Quant à cette oreille attentive, « nous comptons diffuser plusieurs numéros de téléphone pour favoriser les échanges, discuter », précise Héléna. Ce vendredi, une « invitation » doit être distribuée dans toutes les boîtes du village (200). Objectif : s’aider et « sortir » les plus fragiles de leur isolement… en toute sécurité bien sûr. Une entraide intergénérationnelle qui durera le temps du confinement. « Et peut-être même après », réfléchit déjà Héléna.

A Charleroi, cette libraire envoie ses neveux livrer des journaux aux seniors

Pour Danielle, une librairie, c’est un service de proximité, même en temps de crise.

Danielle Constant tient la librairie du Bois Planté à Marcinelle (district Sud de Charleroi). Depuis 2012, elle tente d’apporter un service de proximité dans son quartier, et la crise pandémique Covid-19 ne change pas sa vision des choses. Elle organise donc, avec ses neveux de 26 et 15 ans, une tournée de livraison de journaux, magazines, livres-jeux et tabac. « Le jeune est à pied ; le grand, en voiture. Ce sont eux qui se sont proposés spontanément » , nous explique Danielle. « On propose aux personnes qui viennent s’ils veulent qu’on aille leur déposer les journaux, principalement aux aînés et aux personnes à risque. Dans certains cas, quand on a leur numéro de téléphone, on les a appelés pour leur proposer. »

La tournée a commencé jeudi matin. Trois livraisons étaient prévues, « mais c’est surtout pour samedi qu’on a eu plein de demandes, beaucoup de demandes de revues ou de tout centraliser le samedi pour ne faire qu’une seule livraison. Et le home, plus haut dans la rue, nous a commandé plein de mots mêlés ».

C’est même la librairie qui avance l’argent. « Je me base sur la confiance, on s’est dit que les gens ne seraient pas mesquins à ce point en ce moment. Surtout que ce sont presque à chaque fois des clients qu’on voyait régulièrement, plusieurs fois par semaine. On doit jouer notre rôle social, on a plein de clients qui aiment venir ici pour faire coucou, pour prendre des nouvelles ou en donner. On essaye donc de s’arranger. Ma librairie, ça reste un business, bien sûr, mais on veut aussi aider les gens quand on le peut. Il y a beaucoup de personnes seules, il ne faut pas les laisser en plan. »

200 croissants pour la police et l’hôpital La pâtisserie David Laurent a offert une belle surprise jeudi matin.

Voir un pâtissier débarquer avec 200 croissants, voilà la belle surprise qu’ont reçue ce jeudi matin le personnel infirmier de l’hôpital de Braine-l’Alleud ainsi que les forces de police.

En effet, pour aider ceux qui sont en première ligne ces derniers jours, la pâtisserie brainoise David Laurent a offert gratuitement de quoi prendre un bon petit-déjeuner. « Notre objectif en offrant ces 200 croissants, c’était surtout de leur faire plaisir et de montrer qu’on les soutient. Car, moralement, ce n’est pas facile pour eux, je pense » , explique David Laurent. « Mercredi soir, j’étais en train de travailler avec mes ouvriers et on s’est dit, avec ma femme, que ce serait bien de faire une bonne action pour soutenir les infirmiers, les médecins et les policiers. Et c’est comme ça que l’idée est née. J’espère que ça pourra peut-être servir d’exemple et que d’autres feront aussi de petites actions comme ça pour les aider. »

Le Shop&Go de Louvain-la-Neuve offre plus de 30 kilos de nourriture à la clinique Saint-Pierre d’Ottignies

Un bel élan de solidarité au personnel soignant mis sous pression avec la crise de coronavirus.

Les équipes des urgences, du brancardage et des soins intensifs de la clinique Saint-Pierre à Ottignies ont pu se régaler ce midi. Ils ont reçu une trentaine de kilos de nourriture de la part du gérant du Shop&Go de Louvain-la-Neuve.

C’est que le magasin avait beaucoup d’excédants, maintenant que les employés du parc scientifique désertent leur lieu de travail.  » On fonctionne beaucoup avec les entreprises sur le temps de midi mais il n’y a plus personne , confirme le gérant Thibault Raymakers. Comme on a beaucoup de marchandises du salad bar qui arrivent à date dans trois ou quatre jours, j’ai contacté une amie qui travaille dans les urgences de la clinique vu qu’ils sont débordés. Ce sont des repas bons à la consommation, prêts à l’emploi mais comme c’est en grande quantité, je ne parviendrai pas à les vendre à des particuliers. Il fallait donc les donner dans un endroit où il y a du débit.  »

La Trinacria livre des pizzas aux hôpitaux : « Si vraiment l’union fait la force, c’est maintenant qu’il faut le démontrer ! »

Cette pizzeria bruxelloise a livré 15 pizzas au personnel soignant des Cliniques universitaires Saint-Luc, et va continuer dans ce sens dans les prochains jours.

En ces temps de confinement, les initiatives se multiplient pour venir en aide aux seniors et au personnel médical. De son côté, la pizzeria La Trinacria, située à Woluwe-Saint-Lambert, a souhaité participer à la solidarité qui s’organise en livrant, mardi soir, quelque 15 pizzas au personnel soignant des Cliniques universitaires Saint-Luc.

« L’hôpital est situé à 500 mètres de notre établissement. Avant l’entrée en vigueur du confinement, des infirmières venaient régulièrement pour récupérer des pizzas. Elles venaient ici très marquées, faisaient des journées de plusieurs dizaines d’heures. C’est à ce moment là qu’on a vraiment pris la mesure de ce qu’il se passait et en guise de remerciement, on a tenu à leur livrer des pizzas directement à l’hôpital » , expliquent Fabrizio et Gio Bongiorno, les co-propriétaires du restaurant situé à Tomberg.

C’est ainsi que quinze pizzas ont été distribuées.  » Nous avons d’abord contacté l’hôpital pour savoir s’il était possible pour nous, vu le contexte de propagation du virus, d’apporter des pizzas. La cheffe infirmière des urgences nous a autorisé à le faire et était très touchée par notre initiative », explique Fabrizio.

« Tout le personnel soignant est au front pour lutter contre le coronavirus et par ce biais, on a voulu leur offrir une éclaircie en ces temps compliqués. Ils ont besoin d’être soutenus par la population. Nous sommes tous dans le même bateau, et la situation est très critique pour les indépendants, mais il est indispensable de s’entraider. Si vraiment l’union fait la force en Belgique, c’est maintenant qu’il faut le démontrer ! », abonde Gio.

Désormais, La Trinacria propose uniquement un service de livraison et un take away. « Les pertes vont être immenses mais c’est notre seul moyen de combler le manque. Tous nos employés ont été mis au chômage économique et il ne reste plus que nous deux et un cuisinier pour faire tourner notre affaire », concluent les deux acolytes, qui vont encore distribuer des pizzas aux hôpitaux dans les jours qui viennent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *