Aller à la barre d’outils

Hécatombe à la police judiciaire : 500 malades en dix jours !

Le patron de la police judiciaire fédérale, Eric Snoeck, nous explique pourquoi l’entièreté des équipes ne travaillent pas pour le moment. C’est une stratégie pour mieux gérer la suite de la crise

Dans les rangs de la police, au niveau local surtout, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi toutes les forces de la police fédérale ne sont pas mobilisées en ce moment. L’explication vient de plusieurs facteurs qu’Eric Snoeck, à la tête de la direction générale judiciaire de la police fédérale,  le patron de toutes les PJF (police judiciaire fédérale) du pays, accepte de nous livrer. 

Premièrement : la police judiciaire fédérale qui compte près de 4200 membres, doit faire face à un nombre impressionnant de policiers en incapacité. « En dix jours, le nombre de policiers malades ou mis en quarantaine a triplé ! Nous approchons les 500 personnes en incapacité », nous précise Eric Snoeck. 

Deuxièmement : les règles de distanciation sociale s’appliquent aussi à la police judiciaire fédérale. « Nous devons donc privilégier le télétravail et organiser des shifts pour les équipes qui travaillent d’habitude à plusieurs dans un seul bureau. Cela a forcément un impact sur le nombre de policiers en service. On ne sait pas comment la situation va évoluer et nous avons donc opté pour la mise en place d’un seuil de policiers au travail pour garantir le suivi des affaires les plus importantes », poursuit Eric Snoeck. Parmi celles-ci : les menaces sur l’intégrité physique, les dossiers de vols à main armé et les affaires dans lesquelles on compte des détenus sont évidemment prioritaires. Pas question de laisser un dossier de côté qui permettrait une libération anticipée. 

Prioritaire, l’est également la criminalité liée directement au coronavirus. « Nous veillons particulièrement aux nouvelles formes de criminalité comme celles des tentatives d’escroquerie sur le matériel de protection ou encore sur les tentatives de  trafic de médicaments. Et ce, en concertation permanente avec la magistrature pour déterminer les dossiers prioritaires ». 

Une stragégie globale a donc été définie entre la police locale et la police fédérale dans son ensemble  pour mieux gérer la suite de la crise. « A ce stade, les contrôles des nouvelles mesures sont bien gérés par les polices locales. Raison pour laquelle nous procédons de la sorte afin de pouvoir venir en renfort une fois que cela sera nécessaire. Si on mobilise toutes les forces en même temps, on risque de se retrouver avec davantage de malades pour la suite. C’est une technique de gestion préventive », poursuit le patron de la police judiciaire fédérale. Une stratégie dont les forces de l’ordre auront bien besoin dans les semaines à venir. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *